Il y a plus d’un mois, Brady Heslip de Burlington, Ontario, inscrivait son meilleur résultat en carrière, soit 27 points, dans la victoire des Bears de Baylor par la marque de 80-63 aux dépens des Buffaloes du Colorado lors de leur match de deuxième ronde du tournoi printanier de la NCAA. Maintenant que la « Folie de mars » est terminée, le garde de 6’2’’ se souvient de ce qui s’est avéré une soirée insensée à Albuquerque au Nouveau-Mexique.
« Ce fut une soirée inoubliable. Le simple fait que mon père et ma mère soient présents était, pour moi, très significatif. Depuis mes jeunes années, je rêvais de jouer dans le tournoi de la NCAA et de pouvoir le faire et y connaître du succès m’a apporté beaucoup de fierté. J’ai réalisé que tout le travail accompli me rapportait des dividendes », nous écrit Brady Heslip dans un courriel.
Non seulement le joueur de deuxième année de 21 ans a établi un record de Baylor pour le nombre de paniers de trois points réussis dans un match (9 en 12), Brady Heslip est devenu en quelques minutes le sujet de l’heure sur Twitter.
« C’était quelque peu désarmant. Mon téléphone sonnait sans arrêt. J’appréciais les messages d’encouragement que je recevais sur Twitter. Je les ai tous appréciés, mais je n’étais pas pour change ma vision du jeu ou mon éthique de travail » dit Brady Heslip en toute humilité.
Ce soir-là, tous les yeux étaient tournés vers le bombardier de Baylor, y compris ceux du meneur de jeu des Suns de Phoenix Steve Nash. ‘Capitaine Canada’ a rapidement félicité Brady Heslip pour son barrage de trois points par l’intermédiaire du réseau social.
“@bradyheslip killing tonight!! Congrats. Keep it going...,” a ‘tweeté’ celui qui a gagné le titre de joueur le plus utile dans la NBA à deux occasions.
Il ne manquait que deux paniers de trois points à Brady Heslip pour égaler le record établi par Jeff Fryer (Loyola Marymount) en 1990.
Les succès de Brady Heslip ne devraient pas être une surprise. Il s’oxygène au basketball. En fait, la rumeur veut qu’il dorme et prend sa douche avec son ami en cuir. Sa mécanique de lancers peut sembler robotique, mais cela est dû au fait que cet ourson mal léché s’oblige à réussir 150 paniers de trois points avant ET après chaque pratique de Baylor. Un lancer rapide exige beaucoup de répétitions dit-il.
« J’avais l’habitude de regarder de nombreux vidéos de Ray Allen et il insiste vraiment sur la répétition. Il est le meilleur lanceur de la NBA, pourquoi je ne suivrais pas ce qu’il fait? Je lancerais à chaque occasion qui m’est donnée”, affirme Heslip.
Le jeune Canadien est issu d’une vraie famille de basketball. Sa mère, Jody Triano, était une étoile au poste de meneur de jeu au secondaire et son père, Tim Heslip, a été un ‘All-Canadian’ à l’Université de Guelph en 1980. Son oncle Jay Triano a joué avec l’équipe nationale pendant 11 ans avant de devenir entraîneur-chef des Raptors de Toronto durant presque trois ans avant de passer à un poste exécutif de l’équipe. Brady Heslip affirme qu’il communique constamment avec son oncle Jay.
« Je communique assez souvent avec Jay par l’entremise de mon BlackBerry et des messages textes. Il m’offre d’excellents conseils sur la façon de demeurer concentré, de travailler fort et autres aspects de mon jeu qu’il constate que je dois améliorer », ajoute le jeune Heslip.
Malgré avoir été pratiquement élevé dans le basketball, le cheminement de Brady Heslip vers Waco au Texas n’a pas toujours été facile. Avant de jouer sous les ordres de Scott Drew à Baylor, Brady Heslip s’était d’abord engagé à être membre des Eagles de Boston College. Mais après qu’Al Skinner eut quitté son poste d’entraîneur-chef, son remplaçant Steve Donahue ne voyait pas l’utilité du franc-tireur dans son système.
Brady Heslip a dû manquer toute la saison 2010-11 en vertu des règles de transferts de la NCAA. Mais cette période d’arrêt forcé a finalement été un avantage caché pour « Straps », surnom qui lui a été accolé par ses confrères de jeu à Baylor. « Strap the scene » répètent-ils lorsque Heslip réussit un long panier de trois points.
Brady Heslip a perdu quelque 20 livres à sa première saison d’apprentissage (redshirt). Mais au lieu de faire la moue lorsqu’il a été forcé de sauter une saison, Brady a réalisé que la seule façon d’obtenir plus de minutes de jeu était de laisser tomber les sucreries.
« Ma diète était le première chose que je me devais de modifier. J’ai toujours travaillé fort en gymnase, mais c’était la façon de manger qui causait problème. Je mangeais beaucoup de bonbons en plus de manger tard le soir. Je mange encore des bonbons, mais plutôt quelques fois d’une semaine à l’autre et non pas à tous les jours », affirme-t-il.
L’ex mangeur de malbouffe a terminé au troisième rang de la conférence du ‘Big 12’ pour le nombre de ‘trois’ réussis et sixième au pays avec une efficacité de 43,5%. Il a été sélectionné parmi les étoiles du tournoi ‘Big 12’. Brady Heslip accorde le crédit à ceux qui l’ont aidé à forger sa mécanique au cours de sa carrière.
« J’ai hérité cette capacité de mon père. Il m’a enseigné à bien lancer. Toutes les personnes qui m’ont aidé et appuyé au fil des ans ont toujours insisté sur le travail », ajout Brady Heslip.
On pourrait présumer que ses héros de basketball pourrait inclure des lanceurs tels que Reggie Miller, membre du Temple de la Renommée, mais ce n’est pas le cas. Bien qu’il admire le “Nick Killer”, c’est un autre franc-tireur qu’il admire le plus, Pete Maravich.
Ce dernier est considéré l’un des meilleurs lanceurs de l’histoire. Il est probablement le meilleur marqueur du basketball universitaire. Il détient à peu près tous les records universitaires et a maintenu une moyenne de 44,2 points par match à l’Université Louisiana State, ceci avant même l’introduction du panier de trois points.
Après avoir lu le deuxième livre du “Pistolet’ (Pistol: La vie de Pete Maravich), Brady Heslip a laissé pousser ses cheveux en honneur de cet icône qui est décédé d’une crise cardiaque en 1988 en jouant un match impromptu. Pour Brady Heslip, il est important de reconnaître les grands qui ont pavé la route pour les joueurs comme lui.
« Mon père a réellement fait de moi un ‘Pistolet’ et à travailler fort comme lui. Maravich était un accro du basketball et était au gymnase à tous les jours. Je regarde mon passé et j’étais comme lui. Je passais des journées complètes au gymnase juste pour jouer. Pete Maravich est tout un personnage avec une histoire formidable et je l’admire vraiment », dit Heslip à la chevelure hirsute.
Brady Heslip est l’un des 31 Canadiens au sein de 21 différentes équipes de Division 1 qui ont participé au tournoi de la NCAA cette année. L’année précédente, c’était un contingent de 20 Canadiens qui y ont joué, y compris deux choix de première ronde au repêchage de la NBA, Tristan Thompson et Cory Joseph, qui avaient tous deux joué au Texas. Brady Heslip nous dit qu’il n’est absolument pas surpris de l’augmentation du nombre de Canadiens qui excellent au sud de la frontière.
« C’est simplement que les Canadiens ont une chance de démontrer au reste du monde que nous pouvons vraiment jouer. Nous le savions depuis un bon moment. Le simple fait d’avoir la chance de participer au tournoi et de vivre cette aventure est une sensation incroyable. Je me sens privilégié de faire partie de ce groupe », ajoute Brady Heslip.
Inutile de dire que l’avenir s’annonce très brillant pour Brady Heslip et ses compatriotes du Canada, un avenir aussi brillant que les uniformes jaunes fluorescents de Baylor.